Au tout départ, la création.

Quentin Daumal

C’est lors d’un nouveau voyage solitaire à Annecy, ville de l’eau, de la terre, de l’air, le l’éther et du feu, ville de l’abondance, du mouvement et du renouveau perpétuel par essence, que me vint cet élan du cœur : partager enfin aux yeux du monde mes poèmes, mes récits, mes pensées…mes écrits de tous vents. Partant de la vision d’un humain multifacette, je souhaite mettre en lumières celles-ci chez moi : le poète, le sensible, l’amoureux des mots, le contemplatif, et comme il me fût parfois rapporté, le beau parleur !

Dans d’autres contextes j’aurais pu éclairer celles-ci : le batteur, le danseur, le thérapeute, l’ami, le confident, le voisin, le chanteur, l’amant, le collègue, le voyageur…une cascade infinie d’archétypes qui ont chacun leur énergie, leur force de vie. Enlevez-en un à votre être, arrêtez de le nourrir, et vous voila incomplet.te !

Je souhaites de tout cœur que, par effet miroir, par contagion universelle de l’expérience et de l’émotion, certains récits puissent trouver votre être et faire éclore en vous une résonance, une vibration.

Vous trouverez ici des poésie, des haïkus, ces cours poèmes japonais qui ne peuvent durer plus longtemps qu’une respiration (17 syllabes) et se lisent deux fois. Vous trouverez des récits de rencontres fugaces et autant d’instants intimes qui par leur magie, leur surprise, ont fait renaître en moi la vie, l’allant, l’enthousiasme et la joie. Vous trouverez également des poèmes érotiques, thème cher à mon être, dont les émois suscités se partagent de façon plus universelle avec de jolis mots. Dans les textes et images de ce blog, tout est romancé, mais rien n’est inventé.

Bon voyage !

  • Haïkus en juin 2026

    Haïkus en juin 2026

    Un vieux grenier
    la lueur de la lune
    les courbes de son corps nu.


    Deux arbres
    le tissu du hamac tendu
    je me dépose.


    Deux âmes, deux corps, deux vécus
    éprouvés
    une rencontre.

  • Fille de la Nature

    Fille de la Nature

    J’aime une fille de la nature,
    délicieux goût de l’aventure,
    à la peau blonde comme le blé,
    et aux yeux verts comme la forêt.

    Son goût pour les fleurs du printemps,
    et son sourire incandescent,
    font fondre comme un chèvre chaud,
    mon petit cœur d’artichaut.

    Sa voix, pure sensualité,
    douce musique du bonheur,
    traduit sa sensibilité,
    je peux l’entendre durant des heures.

    Elle doute bien trop de sa splendeur,
    et sa colère contre le monde,
    me fait sourire à l’intérieur.

    Ses courbes sont douces et harmonieuses,
    le blanc de ses fesses merveilleux,
    ses seins ont la forme généreuse,
    sa peau si claire attise le feu.

    J’aime que cette fille de la nature,
    enfile son short et ses chaussures,
    et qu’on explore la forêt,
    dans sa plus tendre intimité.

  • Haïkus en mai 2026

    Haïkus en mai 2026

    Un gros câlin
    proposé
    en anglais.


    Partages profonds
    de deux poitrines serrées
    sur le quai de la gare.


    Des mois plus tard
    la femme oiseau
    revient toucher mon cœur.


    Un film
    un plat
    et beaucoup d’écoute.


    Joie du désir partagé
    de s’unir
    pour le plaisir.


    Mon vélo sillonne Bruxelles
    légèreté
    de la nuit avec elle.


    Protégés de la pluie sous un arbre
    sa confidence
    m’émeut aux larmes.


    Chemins de campagne à vélo
    douceur intacte
    de mon enfance.


    Des fleurs jaunes
    dans l’herbe qui s’étend
    le Périgord de mes 6 ans.


    Profondeur de la végétation
    sous l’eau limpide
    de la rivière.


    Nos doigts
    nos lèvres
    attirés sous la Lune.


    L’espace entre les feuilles
    dessine un cœur
    la Lune en mouvement dedans.


    Ma langue
    ses lèvres
    le musc entre les deux.

  • Haïkus en avril 2026

    Haïkus en avril 2026

    Sa cape et son sourire
    étincelants
    depuis la scène.


    Admiration
    du champ de tulipes
    partagé avec elle.


    Quel beau cadeau
    que de partir
    le cœur guéri.

  • Haïku en mars 2026

    Haïku en mars 2026

    L’amour et la colère
    à la suite
    sur son visage.

  • Haïkus en décembre 2025

    Haïkus en décembre 2025

    Espace sacré
    pour me ressourcer
    et me remettre à créer.


    Sa vulnérabilité
    comme un cadeau
    dont elle n’a pas conscience.


    Sa maladie
    comme point de départ
    d’un réajustement.


    L’idée d’un steak
    avec de l’ail et du beurre
    pour me réjouir.


    La violence
    mise en lumière
    pour être reconnue.

  • Haïkus en novembre 2025

    Haïkus en novembre 2025

    Le contact de sa peau blonde
    si familier
    danse de toujours.


    En réconfort
    d’une dure journée de labeur
    le fromage fondu.

  • Haïkus en octobre 2025

    Haïkus en octobre 2025

    Je quitte ma maison
    et la retrouve
    des tomates-cerises en main.


    Ses cheveux noirs
    sa main dans ma nuque
    et le silence.


    De mon balcon
    j’ai fait coucou
    aux lointains passants amis.


    Insomnie
    pour me lever
    et manger du thon.


    Les couleurs de l’automne
    vivent
    comme un deuxième printemps.


    Tournoiement céleste
    de la feuille d’automne
    terminant dans le lac.


    En se livrant
    on a adoucit les parts blessées
    de nos histoires.


    Dans le chaos des cœurs qui pointent
    je peine
    à sentir le mien.

  • Haïkus en septembre 2025

    Haïkus en septembre 2025

    J’ai décidé
    de fêter la fin d’été
    à Annecy.


    Pas pressés le matin
    en fou-rire dans le train
    voilà mon chemin.


    Le bleu du lac
    le confort du hamac
    et le lierre de l’arbre.


    Le poème du libraire
    le toit de l’église
    et la pluie dehors.


    Le pantalon blanc
    de la joueuse d’orgue
    s’agite sous la pluie.


    C’est sur ce même bateau
    que trois étés plus tôt
    elle était seins nus.


    Bonheur dans le lac
    d’être aussi sale
    puis aussi propre.


    Elle a mauvaise haleine
    la dame à côté
    à la laverie.


    Des corps enlacés
    dansent sous la Lune
    beaux comme des Soleils.


    Je signe
    à sa demande
    pour ses enfants.


    Dès le matin
    entre les gouttes de rosée
    des fourmis slaloment.


    Dans un salon de thé
    je la reçois cinq sur cinq
    sa voix nouvelle.


    L’eau comme élément
    de célébration
    de la fin d’été.


    L’été s’estompe
    deux bouches racontent
    quatre lèvres se rencontrent.


    Soirée estivale
    rencontre cruciale
    flirt sous les étoiles.


    Descendre de scène
    entre ces inconnus
    danser sans retenue.


    La fin de l’été
    le blanc du tissu
    son sexe ingénu.


    Par la dépouille
    quitter l’été
    qui dans neuf mois réapparaît.


    C’est l’automne
    sa confidence après la danse
    admet un pet.


    Pieds et mains à nombre égal
    à deuxième danse de l’automne
    se régalent.


    Crépitement des légumes
    fendant le silence
    et le froid d’automne.


    Chaque objet légué
    est un espace heureux
    retrouvé en moi-même.


    Sa voix touche mon cœur
    les plantes du salon
    deviennent plus vivantes.


    Roulent les objets
    qui à peine exposés
    trouvent de nouvelles mains.


    Une journée passe
    sans qu’aucun autre humain
    ne fasse apparition.


    Elle marchait dans la rue
    un gros chien
    tout au dessus d’elle


    Je partais travailler sans élan
    j’en suis revenu
    ressourcé.

  • La Dame du Lac

    La Dame du Lac

    Ce matin d’été annécien,
    l’Oracle que j’avais en main
    annonçait son plan divin :

    « La Dame du Lac – Quelque chose est sur le point de se produire ».

    J’ai rangé les cartes dans l’étui,
    de la librairie je suis ressorti,
    pour me lancer dans le jour sourd
    et ses sirènes à tous les carrefours.

    Dans ma soirée paisible de voyageur,
    posé au parc à la bonne heure,
    la truffe au vent et baladeur,
    d’une passante je saisi la splendeur.

    La dame du lac et sa démarche christique,
    ses lunettes opaques et son sourire biblique,
    son charme démoniaque et son aura mystique,
    me donnent une claque en cet instant magique.

    Nos regards inconvenants se sont entendus,
    comme un cadeau céleste elle est venue,
    ses cheveux comme prolongeant le soleil,
    ses yeux au turquoise du lac essentiel.

    Une robe légère et bohème
    recouvrait sa peau européenne,
    quelques mots échangés de guingois
    d’un parfait anglais maladroit,
    et voilà que nos cœurs d’inconnus
    se chargent au contact bienvenu
    de nos quatre bras parvenus
    à l’union sacrée absolue.

    La vie m’apprend ce soir,
    que le rêve le plus illusoire
    peut advenir sur-le-champ
    sans devoir d’engagement.

    La dame du lac s’appelle Marina,
    à y repenser, ça coule de source,
    je ne la reverrai pas,
    je conserve son emprunte douce.