Un vieux grenier
la lueur de la lune
les courbes de son corps nu.
Deux arbres
le tissu du hamac tendu
je me dépose.
Deux âmes, deux corps, deux vécus
éprouvés
une rencontre.

Un vieux grenier
la lueur de la lune
les courbes de son corps nu.
Deux arbres
le tissu du hamac tendu
je me dépose.
Deux âmes, deux corps, deux vécus
éprouvés
une rencontre.

J’aime une fille de la nature,
délicieux goût de l’aventure,
à la peau blonde comme le blé,
et aux yeux verts comme la forêt.
Son goût pour les fleurs du printemps,
et son sourire incandescent,
font fondre comme un chèvre chaud,
mon petit cœur d’artichaut.
Sa voix, pure sensualité,
douce musique du bonheur,
traduit sa sensibilité,
je peux l’entendre durant des heures.
Elle doute bien trop de sa splendeur,
et sa colère contre le monde,
me fait sourire à l’intérieur.
Ses courbes sont douces et harmonieuses,
le blanc de ses fesses merveilleux,
ses seins ont la forme généreuse,
sa peau si claire attise le feu.
J’aime que cette fille de la nature,
enfile son short et ses chaussures,
et qu’on explore la forêt,
dans sa plus tendre intimité.

Un gros câlin
proposé
en anglais.
Partages profonds
de deux poitrines serrées
sur le quai de la gare.
Des mois plus tard
la femme oiseau
revient toucher mon cœur.
Un film
un plat
et beaucoup d’écoute.
Joie du désir partagé
de s’unir
pour le plaisir.
Mon vélo sillonne Bruxelles
légèreté
de la nuit avec elle.
Protégés de la pluie sous un arbre
sa confidence
m’émeut aux larmes.
Chemins de campagne à vélo
douceur intacte
de mon enfance.
Des fleurs jaunes
dans l’herbe qui s’étend
le Périgord de mes 6 ans.
Profondeur de la végétation
sous l’eau limpide
de la rivière.
Nos doigts
nos lèvres
attirés sous la Lune.
L’espace entre les feuilles
dessine un cœur
la Lune en mouvement dedans.
Ma langue
ses lèvres
le musc entre les deux.

Sa cape et son sourire
étincelants
depuis la scène.
Admiration
du champ de tulipes
partagé avec elle.
Quel beau cadeau
que de partir
le cœur guéri.

Espace sacré
pour me ressourcer
et me remettre à créer.
Sa vulnérabilité
comme un cadeau
dont elle n’a pas conscience.
Sa maladie
comme point de départ
d’un réajustement.
L’idée d’un steak
avec de l’ail et du beurre
pour me réjouir.
La violence
mise en lumière
pour être reconnue.

Le contact de sa peau blonde
si familier
danse de toujours.
En réconfort
d’une dure journée de labeur
le fromage fondu.

Je quitte ma maison
et la retrouve
des tomates-cerises en main.
Ses cheveux noirs
sa main dans ma nuque
et le silence.
De mon balcon
j’ai fait coucou
aux lointains passants amis.
Insomnie
pour me lever
et manger du thon.
Les couleurs de l’automne
vivent
comme un deuxième printemps.
Tournoiement céleste
de la feuille d’automne
terminant dans le lac.
En se livrant
on a adoucit les parts blessées
de nos histoires.
Dans le chaos des cœurs qui pointent
je peine
à sentir le mien.

J’ai décidé
de fêter la fin d’été
à Annecy.
Pas pressés le matin
en fou-rire dans le train
voilà mon chemin.
Le bleu du lac
le confort du hamac
et le lierre de l’arbre.
Le poème du libraire
le toit de l’église
et la pluie dehors.
Le pantalon blanc
de la joueuse d’orgue
s’agite sous la pluie.
C’est sur ce même bateau
que trois étés plus tôt
elle était seins nus.
Bonheur dans le lac
d’être aussi sale
puis aussi propre.
Elle a mauvaise haleine
la dame à côté
à la laverie.
Des corps enlacés
dansent sous la Lune
beaux comme des Soleils.
Je signe
à sa demande
pour ses enfants.
Dès le matin
entre les gouttes de rosée
des fourmis slaloment.
Dans un salon de thé
je la reçois cinq sur cinq
sa voix nouvelle.
L’eau comme élément
de célébration
de la fin d’été.
L’été s’estompe
deux bouches racontent
quatre lèvres se rencontrent.
Soirée estivale
rencontre cruciale
flirt sous les étoiles.
Descendre de scène
entre ces inconnus
danser sans retenue.
La fin de l’été
le blanc du tissu
son sexe ingénu.
Par la dépouille
quitter l’été
qui dans neuf mois réapparaît.
C’est l’automne
sa confidence après la danse
admet un pet.
Pieds et mains à nombre égal
à deuxième danse de l’automne
se régalent.
Crépitement des légumes
fendant le silence
et le froid d’automne.
Chaque objet légué
est un espace heureux
retrouvé en moi-même.
Sa voix touche mon cœur
les plantes du salon
deviennent plus vivantes.
Roulent les objets
qui à peine exposés
trouvent de nouvelles mains.
Une journée passe
sans qu’aucun autre humain
ne fasse apparition.
Elle marchait dans la rue
un gros chien
tout au dessus d’elle
Je partais travailler sans élan
j’en suis revenu
ressourcé.

Ce matin d’été annécien,
l’Oracle que j’avais en main
annonçait son plan divin :
« La Dame du Lac – Quelque chose est sur le point de se produire ».
J’ai rangé les cartes dans l’étui,
de la librairie je suis ressorti,
pour me lancer dans le jour sourd
et ses sirènes à tous les carrefours.
Dans ma soirée paisible de voyageur,
posé au parc à la bonne heure,
la truffe au vent et baladeur,
d’une passante je saisi la splendeur.
La dame du lac et sa démarche christique,
ses lunettes opaques et son sourire biblique,
son charme démoniaque et son aura mystique,
me donnent une claque en cet instant magique.
Nos regards inconvenants se sont entendus,
comme un cadeau céleste elle est venue,
ses cheveux comme prolongeant le soleil,
ses yeux au turquoise du lac essentiel.
Une robe légère et bohème
recouvrait sa peau européenne,
quelques mots échangés de guingois
d’un parfait anglais maladroit,
et voilà que nos cœurs d’inconnus
se chargent au contact bienvenu
de nos quatre bras parvenus
à l’union sacrée absolue.
La vie m’apprend ce soir,
que le rêve le plus illusoire
peut advenir sur-le-champ
sans devoir d’engagement.
La dame du lac s’appelle Marina,
à y repenser, ça coule de source,
je ne la reverrai pas,
je conserve son emprunte douce.